Les règles du jeu du développement urbain bruxellois sont formulées dans plusieurs outils réglementaires et/ou stratégiques, à portée régionale ou communale.
Le 8e numéro du Monitoring des projets de logements publics dresse le bilan 2024 de la production régionale de logements publics en Région de Bruxelles-Capitale. Depuis 2009, près de 7 000 logements publics ont été livrés et plus de 2 000 sont actuellement en chantier. Au total, près de 80 000 logements à finalité sociale sont aujourd’hui recensés à Bruxelles, soit 13,1 % du parc résidentiel régional.
Près de 7 000 logements publics construits en 16 ans
Près de 7 000 logements publics ont été construits dans la Région. L’année 2024 constitue une année de transition avec 367 logements réceptionnés, principalement pour la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB). Pour les années futures, de nombreux logements sont cependant en chantier (>2 000).
Une répartition inégale sur le territoire
La répartition géographique des logements construits ou en chantier demeure contrastée. La majorité des projets se concentrent à l’ouest et au nord de la Région. Tandis que le sud-est accueille moins de projets, et ceux-ci sont de plus petite taille.
Depuis 2009, la Ville de Bruxelles totalise le plus grand nombre de logements publics régionaux réceptionnés, soit près de 2 000 logements. Cependant, en tenant compte des logements en construction, Anderlecht atteint près de 2 350 logements, soit 27 % du total régional.
Les programmes régionaux poursuivent leur progression
Le Plan régional du Logement (PRL) atteint presque les 3 000 logements réceptionnés, soit 65 % de l’objectif initial de 5 000 nouveaux logements fixé en 2004.
Le Programme Alliance Habitat (AH) comptabilise, quant à lui, 2 600 logements réceptionnés et près de 1 900 en construction. Ces réalisations représentent 67 % de l’objectif fixé en 2013.
Près de 80 000 logements à finalité sociale en Région bruxelloise
Les logements à finalité sociale regroupent l’ensemble des logements produits ou encadrés par des politiques publiques régionales visant à faciliter l’accès au logement tant par des loyers modérés que par des dispositifs d’aide à l’acquisition ou à la revente.
Il s’agit des logements de la SLRB, du Fonds du Logements, de citydev, du Community Land Trust Brussels (CLTB), des opérations de revitalisation urbaine, des communes et CPAS ; ainsi que les logements privés bénéficiant d’un soutien régional, tels que les logements gérés par les Agences Immobilières Sociales (AIS), les logements acquis via un prêt du Fonds du Logement ou encore ceux bénéficiant d’une allocation-loyer.
À ce jour, la Région compte près de 79 650 logements à finalité sociale, soit 13,1 % du nombre total de logements.
Si l’on exclut les logements bénéficiant d’une allocation-loyer afin de permettre la comparaison avec la situation en 2021, le nombre de logements à finalité sociale est légèrement supérieur à 68 100 unités (+220 logements par rapport à 2020), soit 11,2 % du nombre total de logements (-0,3 point de pourcentage par rapport à 2020). Cela signifie que le nombre total de logements au sein de la Région a augmenté plus rapidement que le nombre de logements à finalité sociale.
Huit communes dépassent le seuil des 15 % fixé par la Région bruxelloise
En tenant compte des allocations-loyers, huit communes dépassent 15 % de logements à finalité sociale :
Anderlecht : 20,51 %
Molenbeek-Saint-Jean : 20,29 %
Saint-Josse-ten-Noode : 19,64 %
Watermael-Boitsfort : 19,06 %
Evere : 17,47 %
Ganshoren : 16,38 %
Berchem-Sainte-Agathe : 15,60 %
Ville de Bruxelles : 15,59 %
À l’inverse, Woluwe-Saint-Pierre (5,43 %), Ixelles (6,10 %), Uccle (6,20 %) et Auderghem (6,86 %) affichent les proportions les plus faibles.
Un déséquilibre territorial qui se confirme
L’analyse à l’échelle communale comme à celle des quartiers met en évidence un déficit marqué de logements à finalité sociale dans le cadran sud-est de la Région.
La production récente de logements publics tend à renforcer ce déséquilibre territorial : c’est dans cette partie de la Région que l’on retrouve à la fois les plus faibles proportions de logements à finalité sociale et les niveaux de production les plus faibles observés au cours des seize dernières années.
Préserver le foncier public pour garantir l’action future
La Déclaration de Politique Régionale 2026-2029 annonce plusieurs mesures susceptibles de freiner l’augmentation du parc de logements publics, voire même d’entrainer des reventes partielles de celui-ci.
Dans un contexte marqué par la hausse continue du coût du foncier et les contraintes budgétaires croissantes, la conservation du foncier public constitue un enjeu stratégique majeur ; et ce, même en cas de revente de biens.
Différentes pistes peuvent être envisagées allant de la vente classique au privé le plus offrant à des mécanismes préservant une maitrise publique, tels que la vente sous emphytéose. L’expérience d’autres métropoles européennes montre l’intérêt de maintenir un droit réel ou une forme de propriété publique sur les terrains concernés. Cette approche permet de préserver la capacité d’action des pouvoirs publics à long terme et d’éviter la perte définitive d’actifs qu’il serait ultérieurement impossible de reconstituer à coût équivalent.